Née en 2012, la maison horlogère Julien Coudray 1518 est une maison que l’on pourrait presque qualifiée d’à part… Petite manufacture suisse reflétant tout le talent horloger de Fabien Lamarche, passé par le passé successivement chez Breguet, L.Leroy et Roger Dubuis, la marque ne produit que quelques modèles par an, partons dès à présent de Fabien et de Julien Coudray 1518.

Bonjour Fabien Lamarche, vous êtes l’une des figures de l’horlogerie, après avoir participé au succès de plusieurs maisons horlogères, vous décidez de lancer Julien Coudray 1518, une envie de liberté ?

Une suite qui découle  naturellement après plus de 20 ans au service de marques en tant qu’employé et  indépendant en sous-traitance.

Fabien Lamarche

Julien Coudray 1518 se positionne comme une manufacture de haute ou plutôt de grande horlogerie comme vous l’indiquez vous-même, « peu de pièces », mais le désir d’honorer le nom de l’horloger de François 1er, pourquoi ce choix ?

Le choix de « l’horlogeur » julien Coudray et la date 1518  pour rendre hommage à l’horlogerie au service des grands de ce monde, à l’inventeur du mouvement portatif  et à l’époque de la Renaissance où les œuvres sont créées dans des matériaux nobles dans un esprit de longévité.

Quelles sont les inspirations de la marque et quelle est la définition pour Julien Coudray 1518 d’une belle montre ?

L’inspiration vient du passé. Nous nous efforçons de créer des œuvres mécaniques en évitant totalement les procédés et matières décomposables d’aujourd’hui et en recherchant les produits du XVI siècle qui peuvent nous être utiles aujourd’hui pour travailler avec les nouvelles technologies. Une belle montre doit rester éternelle dans l’éclat naturel des matériaux utilisés.

Inspirations Julien Coudray 1518

Si vous deviez nous parler d’une de vos créations ?

Le modèle Manufactura 1528 en Platine. Essayer de créer une nouvelle montre classique différente de toutes les autres marques est le travail le plus dur. Y ajouter du platine massif pour l’habillage et le mouvement et de l’émail grand feu pour le cadran était le rêve de 25 années de travail et une prouesse réalisée au XXIème siècle.

Manufactura 1528 en Platine

Calibre 1528 PT950 fond noir

Pont 1528 PT950

Vous avez présenté cette année à l’occasion de l’édition 2014 de Baselworld la JC 1518 Sport, sportive, moderne, mais qui conserve à merveille l’esprit de la marque, à quand de prochaines nouveautés, devrons nous patienter jusqu’à la prochaine édition de la Foire de Bâle ?

Nous réalisons peu d’évènements et il est vrai que la foire de Bâle nous permet de présenter nos nouveaux projets.

Jeune manufacture horlogère, vous menez à bien en interne aussi bien la conception que la production de vos montres, quelles sont les difficultés que rencontre une jeune marque horlogère qui se lance comme la votre ?

La première est le souci de servir le client au mieux. La plus grande difficulté est de faire cohabiter des artistes entre eux, de trouver une nouvelle façon de commercialiser, expliquer  et présenter  nos œuvres dans le monde et de générer rapidement et suffisamment de bénéfices pour développer le projet.

Deux années après le lancement des premières montres, comment se porte la marque ? Quels sont les chiffres de Julien Coudray 1518 ?

2 années seulement après le lancement. Nous mettons en place une philosophie de présentation et de vente de nos œuvres  à travers le monde. Nous cherchons à créer une structure dédiée à notre philosophie et aux quantités et services que nous proposons .

Nous évoluons sur une base de 10 ventes la première année et sur 30 l’année suivante pour un coût moyen de 100’000 CHF. Nous espérons stabiliser un premier palier de 50 à 80 pièces par an dans les 5 ans.

Fabien Lamarche au travail

Comment fonctionne la distribution des montres Julien Coudray 1518 ?

Nous avons pris le pari de travailler avec des ambassadeurs dans le monde pour expliquer  et transmettre notre passion.  Nous souhaitons connaître chacun de nos clients et leur faire vivre une expérience unique à la manufacture.

Avant tout passionné d’horlogerie, pourriez-vous nous parler de 2 montres d’autres manufactures qui ont toute votre tendresse ?

  • La première est la Sympathy Bi Retro QP OR ROSE de 1996 de Roger Dubuis, témoignage d’un apprentissage et d’une réalisation inoubliable auprès de Roger.
  • La 2ème est la tradition de Breguet, une montre qui a tout du passé et du futur, un véritable exploit et un regret de n’y avoir pas participé.

Enfin pour conclure cet entretien, que portez-vous aujourd’hui ?

La Manufactura 1528 en platine cadran émail grand feu bleu et blanc avec Léonard de Vinci et Francois 1er sur le cadran. Francois 1er premier pour avoir  demandé aux artisans de se surpasser pour créer des œuvres magnifiques  (pour moi,  la définition d’un artisan est d’être au service des Francois 1er du XXI siècle). Léonard de Vinci pour ses créations futuristes, sa boulimie de travail et sa curiosité.

Cette première montre en platine massif a beaucoup de défauts mais j’ai mis 25 ans à la réaliser.?

Montre Manufactura 1528