lles ne sont plus très nombreuses les manufactures françaises de montres de luxe, alors profitons aujourd’hui pleinement de notre invité, Bernard Richards, fondateur et actuel dirigeant de l’entreprise BRM (Bernard Richards Manufacture), une maison horlogère jeune, moderne et résolument tournée vers le monde automobile…

Bonjour Bernard Richards, vous êtes depuis désormais plus d’une dizaine d’année à la tête de BRM, pour ceux qui ne connaissent peut-être pas bien BRM, pourriez-vous faire avec nous un retour quelques années en arrière sur votre parcours, sur cette idée peut-être folle du lancement de BRM et du succès de la marque jusqu’à aujourd’hui ?

Il est vrai qu’à la création de la marque, j’avais fabriqué les premières montres un peu plus pour mes copains qu’autre chose. C’était sans l’idée de faire ce que nous faisons aujourd’hui. Passionné de sport automobile, j’avais décidé de fabriquer une montre reprenant les codes des voitures de courses. Nous sommes aujourd’hui la montre préférée des pilotes et j’en suis très content.

Portrait de Bernard Richards, fondateur et dirigeant de BRM

On parle souvent d’une production d’environ 2 000 montres par an pour BRM, ce chiffre est-il toujours d’actualité ? Quels sont les prix des montres BRM, prix d’entrée de gamme, prix « moyen » et prix de votre modèle le plus cher ? Quelle proportion de montres BRM est vendue à l’export ?

Effectivement nous approchons tous les ans les 2000 montres sans jamais avoir réussi à les fabriquer. Ayant des machines en pannes, cela nous empêche d’atteindre cet objectif chaque année. Les prix des montres BRM vont de 1.500€ à 130.000€, le prix moyen étant compris entre 5.000€ et 8.000 €. Quant aux proportions de montres vendues à l’export, elles sont d’environ 80%.

A la question de la santé des manufactures horlogères, les réponses sont toujours les mêmes, « chez nous tout se passe bien, la croissance est au rendez-vous, les chiffres sont bons, nous sommes confiant… » Qu’en ait-il chez BRM, le carnet de commande est-il toujours bon ?

Concernant la santé des manufactures horlogères, celle des autres ne m’intéresse pas beaucoup. En ce qui nous concerne, le carnet de commande de Bale n’est pas trop mauvais, mais ce qui m’intéresse personnellement, c’est « sell-out » (lorsque les boutiques vendent nos montres). Il ne faut pas oublier une chose, c’est qu’avant la crise il y avait 7 à 9 mois de délais d’attente pour une BRM ; le délai actuel est d’un mois à 6 semaines.

Montres BRM

Les montres BRM sont des montres de caractère, d’où provient cette identité si forte ? Et quel est selon vous l’élément qui permet à votre marque de perdurer sur la scène internationale ? Comment arrivez-vous à exister dans un secteur de l’horlogerie de luxe où de nombreuses marques sont déjà présentes ?

Oui, les BRM sont des montres de caractère. Nous puisons l’inspiration de la marque dans la course automobile, ce qui fait que nous ne ressemblons à aucune autre marque. Ce qui nous permet de perdurer, tant en France qu’à l’export, c’est qu’une partie de la clientèle achetant des montres de luxe n’a pas envie de se retrouver avec la même montre que son voisin. Ce phénomène fait qu’il y a de la place pour les marques de niche sur le marché des montres de luxe. De plus nous avons créé un configurateur, ce qui permet à chacun des propriétaires de BRM d’avoir une montre que personne ne peut avoir,  s’il la crée lui-même. Le vrai luxe est là. Nous sommes les seuls au monde à la faire.

La manufacture BRM s’appuie sur une ligne de conduite « De l’excellence du détail naît la performance » ainsi que sur la possibilité donnée à ses clients de personnaliser de manière très fine sa future montre, est-ce selon vous les clés de la réussite ?

Les clés de la réussite pour nous sont effectivement la configuration de montres. Même si tous les clients ne configurent pas leur montre, cela reste quand même quelque chose d’unique. Les grandes marques, elles, veulent produire en série des modèles pour que tout le monde ait les mêmes montres, c’est plus facile. Nous nous sommes dans le sur-mesure, dans le vrai luxe.

Y a-t’il un modèle phare chez BRM qui connaît un succès qui ne se dément pas ? Un modèle devenu ou qui devient presque déjà mythique à nous présenter ?

Oui, la V12 est notre montre phare. C’est le modèle le plus vendu chez BRM. Il existe dans une multitude de finitions et de métaux.

Montre V12 de BRM

Quels sont les 3 modèles de montres BRM dont vous êtes le plus fier ?

En premier, je nommerais la V12 Racing car c’est la première montre que nous avons fait en commun avec Jean Paul Crabbe, notre horloger.

Montre V12 Racing de BRM

Ensuite la R50 ; nous avons réussi à fabriquer un petit moteur, qui est le mouvement, et à l’intégrer dans une montre.

Montre R50 de BRM

Finalement la RG46. C’est la montre la plus complète de notre gamme. Elle a la légèreté, 47grs, 8 amortisseurs et surtout une masse autobloquante qui en fait la seule montre automatique avec laquelle on peut jouer au tennis, au golf…

RG 46 Racing

BRM est une maison horlogère française indépendante, peut-on imaginer qu’elle rejoigne d’ici quelques mois, quelques années un groupe afin peut-être de lui permettre d’accéder à un réseau de distribution plus important et de l’ensemble des avantages que peut procurer un grand groupe ? Des groupes ont-ils déjà tenté de vous approcher ?

En effet, nous avons déjà été approchés par des grands groupes. Si la pérennité et la sauvegarde des emplois des personnes travaillant chez BRM est un jour mise en jeu, nous nous appuieront à ce moment là sur un grand groupe. Le risque d’entrer dans un grand groupe aujourd’hui serait de favoriser la multiplication des points de vente, ce qui dénaturerait notre identité de marque de niche, qui reste tout de même notre force, et nous deviendrons ainsi comme les autres.

BRM a marqué les esprits cette année à Baselworld en présentant des 4 modèles ultra légers proposés en série limitée de 100 exemplaires ! Que préparez-vous avec vos équipes pour le second semestre qui arrive à grand pas ?

Les modèles légers présentés à Baselworld ne sont pas en séries limitées mais nous sommes limités dans la fabrication. En ce qui concerne le deuxième semestre, nous ne préparons rien de spécial mais nous travaillons pour Bale l’année prochaine. Nous avons l’intention d’y présenter la petite sœur de la R50, qui sera la R46, ainsi qu’une montre carrée reprenant les codes des BT-12 inspirées des moteurs de motos grand prix.

Enfin dernière question, que portez-vous aujourd’hui à votre poignet ? Et osons (car nous parlons ici à un « patron libéré »), vous arrive-t-il encore parfois de porter autre chose qu’une montre BRM ?

RG-46 noire et blanche. Non je ne porte que des BRM depuis 11 ans.

Montre BRM RG-46 noire et blanche au poignet de Bernard Richards

Un grand merci pour toutes ces réponses et nous l’espérons à très vite sur MagMontres !