Nous considérons tous les Daytos vintages embarquant des calibres Valjoux comme des Rolex. Normal non ? Même chose pour les Daytos Zenith, on les appelle les Zenith mais pour nous ce ne sont pas des Zenith mais bien des Rolex avec un moulin Zenith El Primero.

Un parallèle avec les voitures, quand certaines marques embarquent des moteurs d’une autre firme, nous considérons tous que la marque du véhicule est celle inscrite sur le capot. Oui mais certaines Panerai vintage intéressent particulièrement les amateurs de Rolex grâce à cet ADN commun. Il faut dire, qu’il n’y a pas non plus que le calibre qui est lié à Rolex. Pas étonnant d’y voir un air de famille. Ces Panerai sont de « véritables Rolex » ? Démonstration…

Un peu d’histoire

En 1935, il est présenté la 2533 à la Marina Militare. Elle est a destination de la marine italienne et notamment des plongeurs de combat (Decima MAS).

La Marina Militare développe une arme secrète capable de porter des coups et de faire des actions isolées et ainsi mettre à mal la flotte méditerranéenne qui surpasse très largement ce dont dispose l’Allemagne et l’Italie. Ils ne font que se baser sur ce qu’ils avaient déjà entrepris lors de la Grande Guerre. Donc, à défaut de pouvoir faire face à la flotte alliée, on développe une arme spécifique pouvant faire mal plus discrètement. On ciblera les bateaux de guerre mais aussi les pétroliers et les navires s’occupant de la logistique des alliés (transport de munitions etc…).

Au tout début, et sur demande de ce petit bras armé de la Marina Militare, Panerai répondra à l’équipement des opérateurs. Ceux qui chevauchent les SLC (les fameuses torpilles pilotées) et celui, assis derrière le pilote, allant déposer les explosifs. On ne parle pas encore réellement de nageurs de combat mais bien d’opérateurs. Nageur de combat, ça viendra un peu plus tard… ça passera d’abord par des fantassins aquatiques… inefficaces !

Pour rester dans le sujet, c’est sous l’influence d’Eugenio Wolk (nageur hors part de classe olympique) que les nageurs de combat seront créés (on les nomme Nuotatori). Ils adopteront alors la fameuse combinaison Belloni (Muta di Gomma) fabriquée par Pirelli, les palmes modifiées (asymétriques et conçues par Louis de Corlieu) et fournies par Superga (vous connaissez les chaussures de même noms ?), l’appareil respiratoire ARO (Auto Respiratore ad Ossigeno) également fabriqué et fournit par Pirelli suite à un appel d’offre, la montre fournie par Panerai, le poignard fabriqué par Roberto Galeazzi…basé à la Spezia (base d’entrainement des opérateurs).

Pour la boussole, contrairement à ce que l’on croit, ce n’était pas Panerai au début, la commission permanente avait imposé 3 critères qui ne pouvaient être outre passés et Panerai ne savait pas encore y répondre. Dimensions et poids limités, lecture facile et précision maximale… Le 20 février 1936, c’est une boussole « Lazzarini » qui fut adoptée malgré sa grande sensibilité aux masses métalliques éloignées (embêtant pour aborder des navires dont la coque est en acier). Ce n’est qu’un peu plus tard que Panerai deviendra le fournisseur de cet outil.

Pour en revenir à la montre : aucune inscription sur le cadran pour les premiers modèles. Grâce à son innovation avec l’Oyster, Rolex à une vraie réputation de numéro 1 de la montre étanche. Les montres arrivent complètes par Rolex. Panerai les démonte et les remonte en y intégrant leur cadran (c’est leur technologie, il ne la partage pas). Pour cela, la lunette est revue afin de pouvoir abriter l’épaisseur supplémentaire que le dial en sandwich implique.

Panerai n’est pas capable à l’époque de faire de l’horlogerie mais ils maitrisent déjà la micro précision (ils fournissent depuis longtemps la Marina Militare), ils sont tout à fait, déjà, capable de modifier certaines pièces pour convenir au cahier des charges final demandé par la Marina Militare.

Autre chose, un point qui peut sembler anecdotique… le bracelet ! Il s’agissait d’un fournisseur extérieur (Brelli) et croyez moi que de trouver, à l’époque, un bracelet en cuir capable de résister à l’immersion prolongée en eau de mer, ça n’a pas été facile.

Le premier modèle : un boîtier coussin en 47mm. C’est sur une base de montre de poche 2533. Un calibre de poche forcément : le 618. Il est fait sur une base de Cortébert exclusivement fait pour Rolex (une copie russe existe : le Molnija 3602). Il existe un exemplaire d’un proto sur base de 2533. Ce fameux cadrans avec les points luminescents est un cadran prototype Panerai.

Les Panerai vintages sont-elles des Rolex ?

La 2533 est une montre entièrement assemblée par Rolex, y compris le cadran de type californien et dit de haute lisibilité. C’est sur cette base que Panerai va travailler pour ce qui donnera plus tard la 3646, celle-là même qui aura véritablement une histoire opérationnelle de classe historique. Elle se différenciera surtout de par son cadran si particulier monté en sandwich.

Les boîtes coussins ont ensuite évolué avec des hanses taillées dans la masse de la boîte. Plus solide pour le combat. Il y a eu beaucoup de perte de montres en mer. C’est à partir de 1943 qu’on commence à les voir (6152). Entre le boitier 3646 et le 6152, Panerai s’est essayé à quelques prototypes réalisés en aluminium.

À la fin de la guerre, Panerai dépose le brevet de son célèbre protège-couronne sur la 6132/1 Marina Militare.

On retrouve les Rolex/Panerai aussi aux poignets des militaires allemands (membres de l’axe). Rien sur le cadran mais « kampfschimmer » sur certaines boîtes. C’est étonnant de le savoir, surtout que Panerai n’aime pas partager son savoir. Panerai fournira des montres dont ils estiment que la technologie est « dépassée » (Panerai travaille déjà sur la remplaçante de la 3646) avec des cadrans prototypes baveux (entre autre) et ne laissera jamais sa marque sur le cadran ou a de très rares exceptions. Il en sera de même pour l’appareil respiratoire etc…

Certains disent que là non présence d’inscriptions sur le dial était pour éviter de connaitre la nationalité du nageur de combat si ce dernier se faisait capturer. Légende urbaine… surtout avec les inscriptions gravées artisanalement que les « K » faisaient sur le fond de leur montre… Tout ceci explique aussi parfois pourquoi les Panerai vintage ont mis du temps à grimper en cote. Les montres de l’axe n’étaient pas forcément « politiquement correct ». Un exemple de Rolex controversée :

Les Panerai vintages sont-elles des Rolex ?

« Un peu plus controversée, la Rolex référence 6154 fabriquée en 1954, vendue chez Antiquorum le 14 octobre 2007 pour 155 000 €. On reconnaît la forme coussin typique des boîtiers Panerai, mais les cornes et le cadran sont bien plus ancrés dans l’ADN connu de Rolex.

Dans sa description, la maison de vente précise que, à l’exception du cadran, la montre est rigoureusement la même que celle que Rolex fournissait à Panerai et qui se vendait sous la même référence. L’expert ajoute que le cadran Rolex est monté de façon traditionnelle sur une platine tandis que sur le modèle Panerai il est réalisé sur une double platine. Il n’existerait que 6 pièces 6154 marquées par la couronne. Le plus grand mystère autour de cette montre, c’est sa date. En 1954, Rolex arrête de fournir ses boîtiers à Panerai, ce qui soulève énormément d’interrogations autour de la provenance du garde-temps ».

À noter qu’en 1997, Panerai devient propriété du groupe Vendôme. Ils n’ont d’ailleurs racheté que la branche horlogère de Panerai. Panerai Sistemi persistera encore un peu avant de se voir racheter par Calzoni. Une réédition des Rolex/Panerai voit le jour avec un mouvement rolex-cortébert d’époque. Série limite de la Pam21.

Alors ces Rolex/Panerai : Rolex ou Panerai ?

Plus d’informations : http://www.panerai-references.fr/

 


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Club français des passionnés de montres Rolex fondé en 2013. Nous sommes « un club de rencontre autour de Rolex« .